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Chartres (28), opération archéologique du bassin antique de Saint-Martin-au-Val C128.19 : Tests palynologiques

Ce document présente les résultats des tests palynologiques de huit prélèvements réalisés lors de la fouille du bassin antique du site de Saint-Martin-du-Val à Chartres (28), opération archéologique C128.19. Ce rapport vise à estimer le contenu palynologique des prélèvements dans l’optique de faire des analyses plus approfondies.

Le site a été fouillé par le service archéologique de la ville de Chartres sous la direction de Monsieur Bruno Bazin. L’étude a été commandée par le service avec l’accord de son responsable Monsieur Laurent Coulon.

L’étude des échantillons a montré des résultats positifs. Des pollens ont systématiquement été détectés en nombre. Une trentaine de taxons a été identifiée.

Nous ne constatons pas de conservations différentielles (ex. prépondérance de quelques taxons : pollen de Cichorioïdées par exemple). Ce constat est caractéristique de bonnes conditions de conservation liées probablement au maintien d’un contexte anaérobie jusqu’à nos jours.

L’extraction de l’échantillon n°8 situé à l’interface entre l’US 10720 et l’US 10992 a livré une concentration pollinique moins importante que pour les autres lots. Cet échantillon reste néanmoins exploitable à conditions de monter et parcourir plusieurs lames.

Aucun pollen « atypique » et qui aurait pu indiquer une contamination récente n’a été observé. Par exemple aucun pollen d’érable, essence pourtant très présente à proximité immédiate du site, n’a été détecté. Les résultats ne semblent donc pas être affectés par l’arrosage important du bassin.

En ce qui concerne le contenu pollinique, nous constatons une prédominance des pollens de plantes herbacées. Le paysage apparaît largement ouvert pour la plupart des prélèvements. De façon générale nous constatons les mêmes tendances entre les échantillons de l’US 10992 à savoir : une dominance des pollens de Poacées (ou graminées) avec quelques pollens de céréales et de plantes accompagnatrices de cultures (ex. Rumex sp., Chenopodiacées, Polygonum sp.).

Les boisements sont faiblement représentés. L’orme, l’aulne, le noisetier et le bouleau occupent probablement des secteurs humides de la zone alluviale de l’Eure. Il semble y avoir un peu plus de pollens d’arbres pour les échantillons de l’US 10720 (à confirmer).

Nantes (44), Arc’Antique : Journée « Conservation – restauration » autour du bois archéologique.

Arkéomap était présent lors de cette journée consacrée à la conservtaion et restauration du bois archéologique. Elle permit de réunir des acteurs de la chaîne opératoire allant de la découverte de bois archéologiques à leurs conservation, puis restauration et valorisation. Cette journée s’est déroulée dans les locaux d’Arc’Antique. Bravo aux organisateurs!

Cf. Programme.

Formation « Initiation aux méthodes de Géostatistiques ». (QGis, R)

La formation de décembre 2020 est close!

Cette formation de deux jours est régulièrement proposée aux personnes souhaitant s’initier à la géostatistique grâce à des logiciels libres : R et QGis.

Les objectifs de cette formation sont de deux ordres :

  • Acquérir des principes de base en Géostatistique : les principales méthodes d’interpolation (Krigeage, Splines, Inverse de la distance), rappels sur des méthodes statistiques.
  • Élaborer et appliquer des démarches d’analyses spatiales et notamment parvenir à mesurer des degrés de corrélation entre des distributions spatiales de différentes couches géographiques à l’aide de statistiques descriptives (analyses multivariées)

Public : Cette formation s’adresse aux professionnels amenés à exploiter des données spatiales (géomaticiens, chargés d’études, ingénieurs territoriaux, chercheurs, urbanistes…) souhaitant aller au-delà de la construction de cartes grâce à des concepts simples de la géostatistique.
Exemples de structures d’appartenance des stagiaires : services des collectivités territoriales (services en géomatique et en urbanisme), instituts de recherche (ex. IRD, Universités, CNRS, INRA, INRAP, IFRMER) et sociétés privées (ex. dans les domaines de l’agronomie, des sols, de l’écologie, de l’archéologie, ex. LIMAGRAIN).

Intervenant : Loïc Gaudin, Docteur en Sciences de l’Environnement et chargé de cours à l’Université de Rennes 1, dirigeant d’ArkéoMap .

Organisation pédagogique :

  • présentation des principes théoriques sur la base d’un diaporama,
  • chaque partie de la formation est illustrée par des exercices grâce à des ateliers pratiques sur des logiciels libres (utilisation de R, R studio et Qgis),
  • un support « papier » d’une centaine de pages, résumant les principes théoriques et pratiques est remis en début de formation à chaque participant.

La formation a été conçue pour pouvoir être suivie en petits groupes voire en individuel. Chaque point théorique fait ensuite l’objet de manipulations ou exercices sur ordinateur. Une plage de temps est prévue en fin de formation pour faire des exercices sur des jeux de données préparés, mais ce temps peut aussi être mis à profit pour répondre à des problématiques particulières.

Pré-requis : Connaître les principes de base en SIG, être familiarisé à la manipulation de données. La prise en main du logiciel R ne nécessite aucun pré-requis particulier. Une initiation aux logiciels R et Rstudio est prévue en début de formation.

Le nombre minimum de participants :  1 personne
Le nombre maximum de participants :  3 personnes

Durée : 2 jours
Horaires : 9h – 12h30 à 14h – 17h30

Dates : une session par an en fonction du nombre de participants. Les inscriptions pour les sessions de l’année en cours sont closes. Deux sessions sont prévues en janvier et mai 2020. Autres dates possibles sur demande.

Tarifs :

  • Communes, autres établissements publics : sur demande
  • Particuliers ou entreprises : Recherche d’un plan de financement avec prise en charge de votre OPCA (dossier monté en collaboration avec « NPK formation »)

Contact formateur : Loïc Gaudin,
email : loic.gaudin@arkeomap.com,
tel. 06 52 90 06 46

Lieu de la formation : Lieu de travail du stagiaire (sur demande) ou à proximité de Rennes à Liffré : Salle Hélène Boucher, espace inter-génération, 35340 Liffré.

Programme de la formation : détail du programme de formation

Cette formation peut s’inscrire dans le cadre de la formation continue. Elle est éligible aux financements des OPCA. Le dossier de la convention de stage est monté en collaboration avec la société « NPK-formation » référencée par Datadock.

Coordonnées : NPK Formation – 5 rue des Hauts Sablons 35400 St Malo
02 30 96 00 53 – http://www.npk-formation.com
email : contact@npk-formation.com

Goustrainville (14), opération du site « Le Plain Gruchet » : étude anthracologique

Ce document présente les résultats d’analyses de restes charbonneux retrouvés dans les comblements de dix structures archéologiques du site « Le Plain Gruchet » à Goustranville (14). Neuf de ces structures sont en lien avec différentes phases du système technique de la crémation pratiqué durant le 1er siècle ap. J.-C dans les environs de Caen. Ces structures sont en effet interprétées comme les vestiges de fosses-bûchers, fosses de rejets de bûcher, fosses avec vase-ossuaire… Une structure serait en revanche davantage associée à des activités de métallurgie. (Fig. 2).

Le site a été fouillé par le service archéologique du département du Calvados sous la direction de Monsieur Grégory Schutz. Une étude anthropologique a été réalisée par Madame Mélanie Gadacz. L’étude a été commandée par le service archéologique du département avec l’accord de son directeur Monsieur Vincent Hincker.

Un peu plus de 650 fragments ont été observés pour les dix structures. Seulement cinq taxons anthracologiques ont été identifiés dans cette étude. Le taxon dominant correspond au chêne suivi du hêtre détecté dans trois des dix structures. L’orme et la famille des Prunoïdées ont été observés uniquement dans une structure.

La faible diversité observée est vraisemblablement davantage liée aux fonctions funéraires ou artisanales des structures étudiées plutôt qu’à une réalité paléo-paysagère. Les mesures de largeurs de cerne réalisées sur les fragments de chêne de gros et moyen calibre ont permis de calculer des moyennes de largeurs de cerne pour onze prélèvements. Nous constatons des valeurs moyennes assez homogènes, centrées entre 1 et 2 mm. Ces valeurs correspondent à des croissances difficiles, en liaison avec des contextes abiotiques (ex. sols pauvres, météorologie,…) et/ou biotiques contraignants (compétition vis à vis des ressources, ex. chênaie dense).

Dans la plupart des structures, le combustible utilisé a visiblement fait l’objet de ramassages sélectifs tant au niveau des essences que de la qualité du bois.

Pour six des neuf ensembles charbonneux interprétés comme des rejets de bûchers un seul taxon a été identifié : le chêne. Le hêtre, réputé comme étant aussi un excellent combustible, a été observé dans trois ensembles.

Ce sont essentiellement des fragments provenant de bois de petit et moyen calibre (branches) qui ont été observés.

L’étude des quatre lots prélevés en stratigraphique pour la structure [22]_78 a permis d’identifier un gradient du calibre des bois utilisés à l’intérieur du comblement. Des fragments provenant de bois de petit calibre ont été observés en quantité dans les couches profondes alors que les charbons provenaient plutôt de bois de calibre intermédiaire dans les niveaux supérieurs. Ce constat suggère un dépôt de brindilles et de petites branches destinées probablement à la phase d’allumage dans le fond de la fosse suivi d’un ajout de branches de calibre intermédiaire afin d’alimenter et entretenir la combustion. L’utilisation quasiment exclusive de bois de moyen et petit calibre a probablement aussi été favorisée pour des raisons de « facilité » de collecte.

Des fragments d’aspect « luisant » ou « fendu-luisant » ont presque systématiquement été détectés à l’intérieur des lots provenant des restes de bûchers (à l’exception de la structure [17]_94). Le phénomène à l’origine de l’aspect « luisant » n’est pas encore parfaitement compris. Il semble néanmoins que des contextes de combustion anaérobies et de hautes températures soient favorables au processus de « vitrification » (exemple : bas-fourneaux, fours, pratiques de charbonnage selon Blaizot et al., 2004 ; Oilic, 2011). Il est donc vraisemblable que les bûchers, et plus particulièrement « le cœur » de ces bûchers, aient aussi constitué des contextes de combustion propices à la formation de ces aspects.

Nice (06), opération de la Colline du château « CCN 2019 » : étude anthracologique

Ce document présente les résultats d’analyses anthracologiques de quatorze
prélèvements réalisés lors des campagnes de fouille de 2018 et 2019. Les
opérations archéologiques concernent un ensemble de tombes médiévales datant du XIIe au XIIIe siècle et situées à proximité de la cathédrale de Nice (06), (opération CCN-2018 – 2019) (Fig. 1). Les prélèvements proviennent de « couches cendreuses » observées en fond de fosse.
Le site a été fouillé par le service archéologique de la ville de Nice sous la direction de Madame Aude Civetta et l’accord de son directeur Monsieur Fabien Blanc- Garidel. L’étude a été commandée par le Service Régionale de l’Archéologie (DRAC PACA), affaire suivie par Madame Rebuffat.

209 fragments ont été observés pour les quatorze lots.

Les dépôts observés étaient systématiquement à dominance cendreuse. Très peu de charbons y ont été détectés. La majorité des fragments montrait une taille d’environ 1 mm, ils étaient presque invisibles à l’oeil nu.
L’absence systématique de gros ou moyens fragments pose question. Les processus taphonomiques (fragmentation des charbons) ne semblant pas être en cause, le dépôt de cendres quasiment vierges de charbons semble être un choix délibéré.

14 taxons anthracologiques ont été déterminés sur l’ensemble du site. Ils
proviennent des différents étages de la végétation méditerranéenne.

Le Neubourg (27), opération « AP-167 » près du collège : étude anthracologique

Ce document présente les résultats de l’analyse anthracologique de treize
prélèvements réalisés lors de l’opération archéologique AP167 près du collège sur la commune Le Neubourg (27). Les charbons ont été prélevés à l’intérieur de différentes structures attribuées aux périodes protohistoriques, antiques et mérovingiennes.
L’opération archéologique a été réalisée par la Mission archéologique
départementale de l’Eure sous la direction de M. WECH. L’étude a été commandée par M. WECH, responsable d’opération, avec l’accord de son directeur M. VIAND.

Cette étude vient apporter des éléments d’interprétation sous l’angle des vestiges ligneux. 516 charbons ont été étudiés pour 13 lots provenant de sept structures différentes.

Neuf taxons anthracologiques ont été identifiés dans cette étude. Les taxons les plus utilisés sont par ordre d’importance : le chêne (Quercus sp.), le hêtre (Fagus sylvatica), le chêne-châtaignier (Quercus sp. – Castanea sp.), le noisetier (Corylus avellana), les familles des Prunoïdées, des Pomoïdées puis dans une moindre mesure le charme (Carpinus betulus) et le saule (Salix sp.). Notons que les derniers taxons ne sont représentés que par quelques occurrences.

1. Les ensembles anthracologiques des structures protohistoriques :
hypothèse de fosses à charbonnage ?

L’étude des compositions anthracologiques mais aussi la description archéologique des quatre structures (parois rubéfiées, formes rectangulaires, profondeur) montrent beaucoup de similarités (cf. Fig. 1). Ces structures correspondent donc probablement à un même système technique en liaison avec une activité de combustion.
Au niveau anthracologique, les ensembles sont constitués presque exclusivement par des restes de bois de chêne de moyen et gros calibre. Quelques fragments de chêne et de Pomoïdées de petit calibre pourraient avoir été utilisés pour l’allumage dans les structures FR 180 et FR 119.
De plus, le bois de chêne semble avoir été brûlé à l’état « vert » car de
nombreuses fentes de retrait sont observées sur les fragments.
L’absence de « gros charbons » (peu de charbons sont supérieurs à un centimètre) est aussi à noter. D’après les courbures de cernes observées, ce sont pourtant des bois d’assez gros calibre qui ont été utilisés. Ce constat pourrait s’expliquer par des effets « mécaniques » du contexte de sédimentation. Mais on peut aussi émettre l’hypothèse d’un « tri » des plus gros charbons lors du désenfournage puis une récupération des plus gros éléments liés par exemple à des pratiques de charbonnage. Ce type de fosse de charbonnage protohistorique a par exemple été décrit dans une
étude menée par l’Inrap (Hamon, 2014) sur la commune de Quévert (22).

2. Les ensembles anthracologiques des structures mérovingiennes :
restes de bois d’allumage ?

Neuf taxons ont été identifiés pour l’ensemble des cinq lots. Parmi ces taxons, le noisetier, le genêt, le prunellier (Prunus sp.), les Pomoïdées, le chêne et le hêtre sont régulièrement détectés. Plus ponctuellement le charme et le saule ont aussi été détectés.
Les feuillus à bois tendres tels que le saule et le bouleau flambent bien et
rapidement, mais leurs braises durent peu. Ils n’ont que peu d’intérêt en tant que bois de chauffage ou combustible, si ce n’est leur utilisation pour le démarrage du feu. Les feuillus durs (ex. chêne, hêtre, châtaignier, Pomoïdée, Prunoïdée, charme), plus denses, se consument plus lentement et dégagent davantage de chaleur à condition qu’ils soient bien secs. Ce sont donc de meilleurs combustibles.
Une part importante des compositions anthracologiques semble provenir de brindilles et de bois de petit calibre. Seuls des fragments de chêne et de hêtre proviennent de bois de plus gros calibre. La détection de nombreux fragments provenant de bois de petit calibre pourrait être liée à des choix d’ordre « technique ». Ils sont d’une part plus faciles à couper et à collecter. D’autre part, ce type de bois produit une combustion intense et rapide, ce sont généralement des bois utilisés pour l’allumage. Quelques morceaux de bois de chêne et de hêtre de moyen calibre ont pu être utilisés pour la montée et l’entretien des combustions.

Le calcul de l’indice de Pareto sur les différents lots indique systématiquement que les compositions anthracologiques ont fait l’objet de ramassages sélectifs, conséquences probables de « choix techniques » (ex. choix d’essences et de calibres de bois particuliers lors de phases d’allumage).
Nous constatons que les restes des bois destinés à alimenter la combustion
apparaissent sous-représentés par rapport aux bois ayant servi lors de la phase d’allumage. Il pourrait s’agir d’une particularité liée au  fonctionnement de la structure de combustion.

Nice (06), opération du site Ségurane : étude anthracologique

Ce document présente les résultats des analyses anthracologiques des
prélèvements réalisés lors de l’opération archéologique du site de Ségurane (SEG 29-16, SEG 29-17).
Le site a été fouillé par le service archéologique de la ville de Nice sous la direction de monsieur Romuald Mercurin. L’étude a fait l’objet d’un appel d’offre au cours de l’année 2016, conclu auprès de « Métropole Nice Côte d’Azur ».
Les charbons étudiés proviennent de différentes structures dont la chronologie s’étend de l’Antiquité à l’époque moderne.

L’étude de la composition anthracologique a révélé un ensemble dominé par le bois de chêne (à 85%) mais aussi une dizaine d’autres taxons conférant un caractère hétérogène à l’ensemble tant sur le plan de la diversité taxonomique que sur la qualité du bois brûlé (calibre, état du bois).
On constate une hétérogénéité marquée au niveau des calibres des bois. Bien souvent les bois d’orme, Prunus, Ericacées, Pomoïdées correspondent à du bois de petits calibre, voire de brindilles, alors que les fragments de chêne proviennent de grosses branches et troncs d’arbres.
Des fentes de retraits ont été observées sur les charbons (environ 20% des cas), ce qui est généralement interprété comme une combustion de bois « verts » (Marguerie et al.(2010)). En revanche aucune trace de xylophages n’a été perçue.
Ces constatations sont la conséquence de systèmes techniques alternant des phases d’allumages (avec utilisation de bois de petits calibres, plus ou moins de « tout venant ») et des phases d’entretien de foyers (bois de gros calibres). Ce type de composition est assez typique de foyers domestiques, voire artisanaux. Le mélange des charbons avec des graines carbonisées laisse supposer que ces charbons sont associés au système technique du traitement des graines, notamment des céréales. On peut par exemple évoquer la phase de grillage des graines.

Rapport d’analyse à télécharger

Vieil-Evreux (27), site de Gisacum – Sondages S39 et S51 : étude anthracologique

Cette étude anthracologique fait suite à l’opération archéologique effectuée sur le « Grand Sanctuaire » du site de Gisacum au Vieil-Evreux (27) en 2018. Cette opération triennale a été menée par la Mission Archéologique Départementale de l’Eure. La fouille a été dirigée par Sandrine Bertaudière, archéologue de la Mission Archéologique Départementale.

L’étude anthracologique porte sur une sélection de 60 prélèvements charbonneux. 19 lots ont été prélevés à l’intérieur du comblement du « second puisard » (Sondage 51) et 41 lots proviennent des sondages situés devant le temple central (S39 et S42).

L’attribution chronologique des lots s’étend sur la période allant de la phase II.5c (vers le milieu du IIIe siècle) à la phase III.2 (IVe siècle). Les prélèvements du sondage 51 (comblement du conduit du second puisard) correspondent plus précisément à la phase III.1 à III.2.

Les restes anthracologiques proviennent de 60 prélèvements réalisés dans les sondages S39, S42 et S51. Environ 2000 charbons ont été étudiés.

28 taxons anthracologiques ont été identifiés dans cette étude : la plupart de ces taxons ont été identifiés dans les lots du puisard (S51) durant la phase III.1 et III.2 (entre 280 et 380 ap. J.-C.). Sept taxons ont été déterminés dans les couches situées devant le temple central (sondage S39) mais les effectifs étudiés étaient moins importants.

Si l’on écarte les prélèvements de la phase II.5c, dont les lots étaient peu importants et composés principalement de chêne (Quercus sp.), du genre Prunus et de résineux avec le sapin (Abies sp.) et le pin (Pinus sp.), les compositions anthracologiques des périodes II.5d, III.1 et III.2 sont dominées par cinq taxons : le chêne (Quercus sp.), le genre Prunus sp. (prunellier, merisier, cerisier), le frêne(Fraxinus sp.), les Pomoïdées etl’érable(Acer sp.).

D’autres taxons ont ensuite été identifiés de façon régulière durant ces trois phases : le hêtre(Fagus sylvatica), le noisetier(Corylus avellana), le bouleau(Betula sp.), le tilleul(Tilia sp.)l’orme (Ulmus sp.), le tilleul (Tilia sp.), le sureau(Sambucus sp.), le cornouiller(Cornus sp.), l’orme (Ulmus sp.), le sapin (Abies sp.), le pin (Pinus sp. dont Pinus type pinea ou type pinaster et des résineux non identifiés : Gymnosperme),le buis (Buxus sp.), le genévrier (Juniperus sp.), la famille des bruyères (Ericaceae), le genêt (Fabaceae type Cytisus), le fusain (Euonymus europaeus), le nerprun (Rhamnus catharticus), le charme (Carpinus betulus), le chêne-châtaignier (Quercus sp. – Castanea sp.), le saule (Salix sp.), le saule – peuplier (Salix sp. – Populus sp.), la viorne (Viburnum sp.).

Notons que ces derniers taxons ne sont parfois représentés que par quelques occurrences.

L’identification des taxons ligneux permet de proposer différentes associations écologiques (Rameau et al., 1989) :

  • le groupement forestier de la chênaie diversifiée avec le chêne (Quercus sp.), le chêne-châtaignier (Quercus sp. / Castanea sp.), l’érable (Acer sp.), l’orme (Ulmus sp.), le tilleul (Tilia sp.), le charme (Carpinus betulus) et le groupement de la chênaie-hêtraie avec le chêne (Quercus sp.), le hêtre (Fagus sp.), l’érable (Acer sp.) et le frêne (Fraxinus sp.), voire le sapin (Abies alba). Notons que le groupement de la chênaie-hêtraie est détecté dans la plupart des prélèvements. Il correspond au groupement forestier caractéristique de la période du Subatlantique, largement détecté par la palynologie et majoritaire dans le nord-ouest de la France (Gaudin, 2004).
  • les « landes-fourrés », lisières forestières, haies, associations héliophiles : avec la détection des Pomoïdées,Prunoïdées (Prunus sp.), du sureau (Sambucus sp.), noisetier (Corylus avellana), du cornouiller (Cornus sp.), du nerprun (Rhamnus catharticus), du fusain (Euonymus europaeus), du genévrier (Juniperus sp.), du buis (Buxus sp.). Le genêt (Fabaceae type Cytisus) et les Ericaceae sont plutôt synonymes de landes. Ces végétations attestent l’existence d’espaces ouverts ou clairsemés dans l’aire de ramassage. Les communautés végétales de landes et la détection régulière du noisetier correspondent probablement aux premiers stades de recolonisation végétale d’espaces exploités puis abandonnés.
  • les boisements hygrophiles sont perçus avec le frêne (Fraxinus sp.), le saule (Salix sp.), le saule / peuplier (Salix sp. / Populus sp.), l’orme (Ulmus sp.), la viorne (Viburnum sp.). Ces boisements pourraient provenir d’une zone humide, de bord de cours d’eau ou depuis la zone alluviale de l’Iton ou de l’Eure.
  • Plantes importées, favorisées, ornementales (?) : le sureau (sambucus sp.), le genre prunus sp., les Pomoïdées ont pu être favorisés pour leurs fruits. Le buis (Buxus sp.), le genévrier ont pu être utilisés comme plantes ornementales. Enfin, plusieurs résineux ont été détectés. Si le sapin pectiné (Abies alba), le pin sylvestre (Pinus type sylvestris / mugo / nigra), voire le genévrier (Juniperus sp.) sont peut être subspontanés dans la région (?), quelques fragments de pin type pinea ou pinaster (?) sont plus probablement d’origine méridionale. Notons que la plupart des taxons et l’ensemble de ces formations ligneuses avaient aussi été reconnus lors d’une précédente étude anthracologique (Gaudin, 2018). Cette étude portait sur des prélèvements du sondage 39 et du comblement d’un premier puisard (sondage S 28) datés de la phase III.1. Il n’a pas toujours été possible de percevoir l’ensemble des formations ligneuses pour chacune des périodes. En effet, seuls les boisements de type chênaie et les boisements héliophiles ont été identifiés pour la phase II.5c (Fig. 117), mais cette période est moins « pourvue » en échantillons. En revanche, l’ensemble des formations ligneuses a été perçu durant les autres phases II.5d, III.1 et III.2 (Fig. 118, 119 et 120), ce qui montre une stabilité de l’aire de ramassage mais aussi de l’environnement boisé au moins durant ces trois phases.

Les mesures de largeurs de cerne réalisées sur les fragments de chêne de gros et moyen calibre ont permis de calculer des moyennes de largeurs de cerne pour une vingtaines de prélèvements. Nous constatons des valeurs moyennes assez homogènes, centrées majoritairement entre 1 et 2 mm. Ces valeurs correspondent à des croissances difficiles, en liaison avec des contextes abiotiques (ex. sols pauvres, météorologie,…) et/ou biotiques (compétition vis à vis des ressources, ex. chênaie dense) contraignants. Aucune évolution des largeurs moyennes n’est perceptible entre les phases II.2d, III.1 et III.2, ce qui laisse penser là aussi à une stabilité de la structure du paysage environnant, mais aussi de l’aire de collecte du bois de chêne.

En ce qui concerne le calibre du bois utilisé, nous constatons pour l’ensemble des prélèvements une majorité de fragments montrant des courbures de cerne fortes et intermédiaires. Quelques charbons de sections entières allant de quelques millimètres à 4 cm ont régulièrement été observés. Des calculs de diamètres minimum ont été réalisés sur plusieurs lots (P02-1206, P02-1204, P02-1210). Ils ont permis d’estimer des diamètres allant de 40 mm à 100 mm. Les fragments montrant des courbures de cerne faibles sont assez rares, ils correspondent généralement à du chêne. C’est donc avant tout du bois de branches, voire de brindilles qui a globalement été utilisé sur l’ensemble des phases II.5c à III.2. Seuls quelques charbons de chêne pourraient provenir de bois de gros calibre mais qui n’ont dû être utilisés que ponctuellement…

Lien vers le rapport.

Beauvais (60), site du théâtre beauvaisis : étude anthracologique

prélèvements réalisés lors de l’opération archéologique du théâtre Beauvaisis à Beauvais (60). Les charbons ont été prélevés à l’intérieur du comblement d’une fosse du 13e – 14e siècle.
Le site a été fouillé par le service archéologique de la ville, sous la direction de Monsieur Sébastien LEFEVRE. L’étude a été commandée par le service avec l’accord de son directeur Monsieur Jean-Marc FEMOLANT.

Les restes anthracologiques proviennent de six prélèvements réalisés à l’intérieur du comblement d’une cavité d’environ 2 mètres sur 2 mètres et de 30 à 40 cm de profondeur. Le comblement de cette cavité est attribué au 13e – 14e siècle. Les parois de la fosse ne présentaient pas de traces de rubéfaction. Les rejets de combustion sont donc probablement en position secondaire. Deux US ont été discernées à l’intérieur du comblement : les US 1037.1 et US 1037.3.
Beaucoup de graines ont été identifiées à l’intérieur de ce comblement ce qui tendrait à interpréter l’ensemble comme des rejets de combustion issus d’un grilloir. Nous notons aussi des restes osseux et de coquilles.

Cette étude vient apporter des éléments d’interprétation sous l’angle des vestiges ligneux. 610 charbons ont été étudiés pour 16 lots provenant de deux US et six prélèvements.

plus utilisés sont par ordre d’importance : le chêne (Quercus sp.), le hêtre (Fagus sylvatica), puis dans une moindre mesure le chêne-châtaignier (Quercus sp. – Castanea sp.), le noisetier (Corylus avellana), le bouleau (Betula sp.), l’érable (Acer sp.), la famille des Pomoïdées, le sureau (Sambucus sp.), le genre Prunus sp., le houx (Ilex aquifolium), le saule (Salix sp.), le saule / peuplier (Salix sp. / Populus sp.), l’aulne (Alnus sp.). Notons que les derniers taxons ne sont représentés que par quelques occurrences.

Notons l’identification de traces de xylophages (identifiées comme des galeries de « la petite vrillette » par Magali Toriti).