Caudebec-les-Elbeufs (76), Opération « 124 Rue de la République » : étude anthracologique

charbon d’érable (Acer sp.)

Ce document présente les résultats de l’analyse anthracologique de 23 prélèvements de sédiments charbonneux réalisés lors de l’opération archéologique du « 24 Rue de la République à Caudebec-les-Elbeufs (76)». Le site concerne une occupation romaine datée entre le Ier et la première moitié du IIe siècle, mêlant des structures probablement d’origines domestiques (latrines, puits, comblements détritiques, fosse dépotoir).
Le site a été fouillé par la Mission Archéologique Départementale sous la direction de Monsieur Pierre Wech. L’étude a été commandée par le service avec l’accord de son directeur Monsieur Antide Viand.

Les restes anthracologiques proviennent de dix structures attribuées au Ier et à la
première moitié du IIe siècle.

Cette étude repose sur l’observation de 565 charbons. Très peu de fragments
supérieurs à 5mm ont pu être examinés, toutefois des observations complètes ont
pu être menées à bien sur les petits charbons.

Cette étude a permis de constater quelques faits archéobotaniques intéressants,
notamment en ce qui concerne la qualité du bois utilisé dans les structures de
combustions environnantes.

– d’une part, les ensembles composés majoritairement, voire exclusivement par
des fragments de chênes (dont chêne-châtaignier) et de hêtre, généralement
de gros et moyens calibres.
L’utilisation de bois de moyen et gros calibre caractérise plutôt des
combustions avec des phases d’entretien de feu importantes.
Ces charbons pourraient être liés à l’utilisation de fours ou à des activités
artisanales. En effet, un nombre réduit de taxons est souvent dicté par un
choix technique. De plus, les aspects « luisants » détectés sur certains lots
serait le signe de conditions particulières de combustion, telles
que de fortes variations de températures comme « un refroidissement rapide
de surfaces chaudes en conditions anaérobies » (conditions réductrices) (Blaizot
et al., 2004).
– d’autre part, les ensembles avec des calibres hétérogènes composés de bois
de petits, moyens et gros calibres. Dans ces ensembles le hêtre et le chêne
sont toujours systématiquement détectés mais ils
sont parfois associés à davantage de taxons.
On constate que les fragments de chêne proviennent de branches et troncs
d’arbres alors que les autres taxons, y compris le hêtre peuvent correspondre
à la fois à du bois de gros , moyens et petits calibres, voire de brindilles.
Ces constatations sont probablement la conséquence de systèmes techniques
alternant des phases d’allumage (avec utilisation de bois de petits calibres,
plus ou moins de « tout venant ») et des phases d’entretien de foyers (bois de
gros calibres). Ce type de composition est plutôt à rapporcher de foyers
domestiques, voire de certaines activités artisanales nécessitant des
combustions ponctuelles.

Une dizaine de taxons ont été identifiés et provenant de groupements forestiers (chênaie – hêtraie), de boisement clairs et de boisements hygrophiles.