Palynologie : étude
des spores et des grains de pollens.

fleur_rougeLa palynologie est l’étude des pollens et spores fossiles retrouvés dans les sols. Les grains de pollen sont des organes de reproduction pour les plantes à graine, tandis que les spores sont disséminés par les fougères, champignons, algues et mousses. Ils sont transportés par le vent, l’eau, les êtres vivants.

Ces capsules microscopiques émises par la végétation présentent la particularité de pouvoir se conserver durant des milliers d’années lorsque les contextes taphonomiques sont réunies. Ce sont généralement les sédiments présentant des conditions anaérobies qui sont recherchés car les phénomènes de biodégradation sont ralentis. Les zones humides telles que des tourbières ou des marécages, voire certains secteurs des chantiers de fouille (ex. fonds de puits, sites en zones alluviales) peuvent parfois permettre de  rassembler ces conditions de conservation.

Après extraction par carottage, ou directement en stratigraphie (cf. images ci-dessous) les pollens et spores sont identifiés sous microscope puis intégrés dans une base de données avant d’être restitués sous la forme d’un rapport d’expertise intégrant des graphiques commentés (ex. diagramme pollinique).

Logiciel TILIA ITLes diagrammes polliniques sont réalisés à l’aide du Logiciel ©TiliaIT (Licence Professionnelle ArkéoMap). Ce logiciel intègre la possibilité de saisir les données brutes, de réaliser les diagrammes, de calculer les flux polliniques et de nombreuses options de mises en forme, intégrations de colonnes stratigraphiques, datations, chronologie, dendrogrammes de Coniss…

Exemple de campagne de prélèvement par carottage :

  1_prospection_palynologie_pollen_arkeomap 2_sondage_palynologie_pollen_arkeomap 3_station_extraction_palynologie_pollen_arkeomap  5_extraction_carotte_palynologie_pollen_arkeomap

Exemple de prélèvements directement en stratigraphie :

Les prélèvements peuvent être réalisés
directement dans les US ou bien en
blocs à l’aide de rails positionnés dans
la stratigraphie. Les deux procédés sont généralement complémentaires pour s’assurer suffisamment de sédiments.

La formepollen_chanvre spécifique des enveloppes polliniques permet d’identifier le genre, la famille et parfois l’espèce végétale.

Cette technique nous renseignera davantage sur la composition floristique des alentours du site. Elle donne une image plus objective des environs d’un site dans le sens où il n’y a que peu, contrairement à la carpologie ou l’anthracologie, de « filtre » humain lié au ramassage ou à la récolte. Il peut néanmoins exister des conservations différentielles de certains pollens, notamment dans les sédiments secs.

Les indices d’anthropisations polliniques peuvent se concrétiser par les occurrences de taxons de cultures (ex. occurrences de pollen  de céréales), de taxons de plantes rudérales (ex. occurrences de plantains, orties) et adventices (ex. occurrences de pollen d’oseille). Si possible, la mise en perspective temporelle entre les résultats des différents niveaux polliniques peut permettre de détecter des défrichements en suivant l’évolution du taux de pollens d’arbres et aussi d’autres indices tels que l’évolution de la diversité des formations végétales ou bien, l’évolution des occurrences de formations végétales de sols dégradés telles que les landes.

On peut ainsi avoir une idée de la composition floristique environnant le site au moment de la sédimentation, connaître l’évolution et la réponse des écosystèmes à des changements climatiques et tirer des interprétations sur l’impact des activités humaines sur l’environnement (ex: défrichement, agriculture).

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Par la suite, connaissant l’écologie des groupes végétaux actuels, il est possible  de faire des propositions de reconstitutions d’environnements végétaux crédibles.