Etudes des bois archéologiques
et des charbons de bois.

Ces techniques concernent l’analyse des bois fossiles et des charbons de bois retrouvés généralement lors des fouilles archéologiques. Ces restes peuvent être issus de bois d’œuvre, de foyers domestiques ou d’activités artisanales (ex. bas-fourneaux, fours de potiers, charbonnières) :

illus-anthraco– Combustibles domestiques, ils résultent du fonctionnement des foyers pour la cuisson des aliments, la chaleur, la lumière ;

– Combustibles artisanaux, ils proviennent de fours utilisés pour la transformation des métaux, la cuisson de la céramique, de charbonnières. Les charbons peuvent aussi provenir d’artefacts carbonisés (éléments de construction, bois d’oeuvre objets ou ustensiles en bois …) ou de la combustion d’arbres et d’arbustes lors d’incendies naturels.

Les charbons et bois archéologiques sont étudiés sous loupes et microscope à lumière incidente du laboratoire ARKEOMAP.

Les résultats dépendront pour beaucoup de la nature des lots anthracologiques étudiés. L’étude de charbons prélevés de façon « éparse » sur un site (ex. prélèvements systématiques) livrera une image à l’échelle de la durée totale d’occupation du site et sur une aire de ramassage généralement vaste autour du site. Alors que l’étude d’une ou quelques concentrations de charbons (ex. foyers)  révéleront des résultats souvent moins diversifiés et résultant d’une durée d’utilisation plus courte.

L’anthracologie livre potentiellement des renseignements sur la composition mais aussi la structure du paysage boisé situé à l’intérieur d’une aire de ramassage. En effet, l’observation des différents plans des charbons de bois permet dans un premier temps d’obtenir un inventaire des taxons ligneux ramassés. Connaissant la liste des taxons il est ensuite possible d’identifier des associations végétales ligneuses et ainsi de connaître quelles ont été les formations végétales explorées (ex. landes, forêts, lisières..).

Dans un second temps, l’observation des traits anatomiques des charbons (largeurs des cernes, le calibre du bois : courbures, occurrences de galeries de xylophages, de duramen, de bois de réactions, de fentes radiales de retrait,  d’écorce ou de moelle, voire de traces d’abattage, d’élagage, de façonnage, ...) permettent de véritablement qualifier les charbons. En effet, les mesure dendrologiques (mesures des largeurs de cernes et calibres du bois) permettent de savoir si les boisements explorés étaient plutôt denses (cernes étroites) ou clairsemés (cernes larges). Dans ce cadre, une mise en perspective chronologique entre les différents lots analysés peut potentiellement mettre en évidence des tendances d’ouverture du paysage.

Les autres caractéristiques anatomiques renseigneront sur la nature du bois qui a été ramassé (bois vert ou sec, provenance de troncs, de branches ou de brindilles). Enfin, il IMG_5883 est aussi possible de tirer des informations d’ordre technique concernant les foyers. On peut notamment distinguer des foyers de type « domestiques » , de foyers « artisanaux » notamment au travers l’étude des compositions charbonneuses et de leurs traits dendrologiques.

L’aspect des charbons (fendus, luisants, fondus) peuvent aussi apporter des informations sur le type de combustion (températures, conditions réductrices ou pas).   (ex. estimation de la provenance de charbons issus de fonds de foyers, de charbonnières, de bas-fourneaux..).

L’étude du calibre des bois (mesures des angles observés entre 2 rayons sur un charbon afin d’estimer le diamètre minimal du bois de provenance) peut renseigner sur des choix vis à vis du diamètre des bois mais aussi parfois sur le type de gestion forestière d’où ont été prélevés les bois (taillis ou futaies).

ARKEOMAP vous accompagne dans l’interprétation des résultats en termes de reconstitutions paléoenvironnementales mais aussi en termes techniques lorsque les restes proviennent de structures artisanales.